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11.05.2008
Deux heures à tuer
C'est ce que j'ai dit à l'ouvreuse du cinéma. « Bonjour, je voudrais une place pour « Deux heures à tuer » ». Elle m'a fait répéter mais elle a eu la délicatesse de ne pas relever ma connerie. Lapsus révélateur quand tu nous tiens...C'est donc bien « Deux jours à tuer » que je suis allée voir cet après-midi. Le dernier film de Jean Becker, avec Albert Dupontel.
J'ai volontairement évité de lire des critiques, et même de lire le pitch. Becker + Dupontel, ça me suffisait largement. Le seul truc que j'ai vu malgré moi, c'est un reportage à la sortie d'une salle, où la caméra demandait aux gens ce qu'ils avaient éprouvé. Le seul témoignage que j'ai retenu, c'est un monsieur noir à lunettes qui a fait signe à la caméra que non, il ne souhaitait pas donner son avis car trop ému.
En sortant, il était prévu que je passe chez CyrO. J'ai failli ne pas passer. Il va l'apprendre dans ces lignes d'ailleurs. Je pense que je vais retourner voir ce film. À une heure où je serai sûre de ne pas me retrouver avec des connards d'ados de merde qui se marrent là où c'est pas drôle, là où c'est profondément pathétique, et là où on se laisserait volontiers emporter dans un tourbillon d'émotions avec les personnages. Connards d'ados de merde.
Le pitch, vite fait. Antoine, un quadra bien dans son job, bien dans sa vie, se met à péter les plombs un beau jour. Il envoie tout le monde bouler sans que personne ne comprenne pourquoi. Sauf nous.
Je viens quand même de lire les critiques « 1 étoile » sur Allociné. N'importe quoi. On reproche au scénario d'éventer le mystère. Oui, ben oui, on nous prends, nous, spectateurs, à partie. On nous met dans la confidence. C'est fait exprès ! Je lis ailleurs que « le pétage de plomb sonne faux ». Ben oui ! Évidemment ! C'est fait exprès ! Les journalistes du Monde, de T7J et du JDD sont vraiment du même niveau que ma brochette d'ados débiles. Incroyable. Quand je pense qu'ils sont payés pour écrire de telles conneries.
Moi, vu que comme tout le monde, j'ai compris ce qui se tramait dès le début du film, j'ai eu la boule au ventre et à la gorge tout le temps. Pendant que les autres truffes se marraient comme s'ils regardaient « Bernie » (que j'ai détesté, soit dit en passant). Les dialogues sont parfois un peu appuyés. Il y a parfois un peu trop de négations qui ne font pas naturelles. Mais les pétages de plomb d'Antoine (Dupontel) sont merveilleux. Tellement douloureux. On lui soufflerait presque ses répliques tellement on a envie de l'accompagner là-dedans. Alors évidemment que certains répliques sont drôles. Objectivement drôles. Mais ne dit-on pas que l'humour, c'est la politesse du désespoir?
J'ai tellement aimé ce film, son intention. Évidemment on a du mal à y croire mais on s'en fout, c'est du cinéma non? Antoine dit et fait ce que tout le monde voudrait dire ou faire. C'est jubilatoire.
À la fin du film, ça reniflait ferme derrière mon dos. Moi je triturais nerveusement mes sandales. Et la chanson du générique, de Reggiani, c'était le coup de grâce. Il me la faut.
Certains diront que c'est du déjà vu. On a déjà traité le sujet. Pas plus tard que l'année dernière d'ailleurs, dans « Paris ». Mais là le sujet est traité différemment. La morale est la même bien sûr, mais tellement plus cynique, tellement plus désespérée.
Demain, c'est le rencard. Je vais avoir, comme toujours, un pic de fréquentation !
23:57 Publié dans Filmomoule | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note





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Commentaires
film émouvant mais un peu schématisé dans le déroulement, je pense. J'ai néanmoins adoré mais je reste quand même sur ma faim.
Pourquoi toute cette brutalité ?
Pourquoi, ne pas dire sa maladie à ses proches et laisser une impression de "sale con" à tout le monde. C'est un peu facile .Il a choisi la méthode forte pour éviter de s'apitoyer !!
Faire table rase de sa vie et tout saccager, c'est un comportement moyen mais tellement humain. Il aurait pu laisser un message à sa femme, ses enfants pour dire son amour. A la place, il laisse les autres dans une détresse morale atroce.
Ne pas laisser au autres la chance de savoir et de comprendre et leur donner une culpabilité éternelle de ne pas avoir su comprendre à temps (sa femme, ses amis). Résumer et conclure l'histoire d'une vie en si peu de temps oblige à des raccourcis, c'est certain.
Le spectateur est forcément bouleversé et submergé par toutes les émotions, surtout qu'il sait tout rapidement et est le spectateur impuissant de cette simulation et cette fin tragique.
Ecrit par : pingouin | 12.05.2008
pingouin : je ne pense pas que le vrai propos du film soit la maladie. Je pense que c'est la question de qui on est, pour qui, et pourquoi fait-on ce qu'on fait.
Je ne pense pas qu'Antoine ait prémédité d'envoyer ses proches. Son boulot, oui, et d'ailleurs la scène est très drôle. On trouve normal qu'il le fasse, il a d'autres choses à foutre. En plus, il n'a pas envoyé chier son associé. Mais quand il rentre à la maison, son premier réflexe c'est d'aller dire bonsoir à ses enfants et d'aller embrasser sa femme. Seulement, arrive la scène de ménage de la femme qui se croit trahie. Il n'avait pas prévu ça. Et qu'a-t-il vu dans les yeux de sa femme? De la détresse. Alors il a saisi la balle au bond et a préféré que ses proches le prennent pour un sale con plutôt que de les voir dans une détresse insoluble. Il le dit d'ailleurs à la fin, je ne sais plus sous quelle forme, mais en gros, il a trouvé que c'était du boulot pour ne pas se faire regretter.
Mais au-delà de cette volonté de vouloir passer pour un con, et ne pas se faire regretter, il y a un aspect qui m'a beaucoup plu (évidemment), c'est que tout ce qu'il a dit (hormis pour ses enfants, les seuls auprès desquels il ait voulu se racheter) était malheureusement vrai. A son boss. A sa femme. A ses amis. A son père. Et la grande question, c'est "qu'est ce qu'on fait de sa vie, et avec qui?". Toutes ces choses qu'on ne dit pas, parce que la société, les codes, la politesse l'interdisent. Toutes ces choses on les pense. Et on vit avec. On se fait chier avec. Reste "J'ai oublié de vivre", chanté dans la voiture, et la chanson de Reggiani à la fin.
Ecrit par : La Moule | 12.05.2008
Ce n'est pas, bien sûr, la maladie qui est le sujet. De toute façon elle est juste évoquée au travers de ses malaises.
Non, c'est la manière d'aborder la fin de sa vie qui est un peu déroutante (révoltante). Un vrai feu d'artifice avec sa soirée-scandale où il est odieux avec tout le monde sans avoir d'égard pour sa femme qui subit stoïquement. C'est un peu facile quand on a plus rien à perdre pour soi. (il est condamné !!). Idem pour l'anecdote de "péter" un temps sur l'autoroute !! Il n'en verra jamais les conséquences.
Plutôt que de finir parmi les siens (sa femme lui a dit son amour pour lui et son attachement), il préfère se casser sans laisser l'adresse. Beaucoup d'orgueil le gars !!
Le "pétage" de plomb est beaucoup plus spectaculaire pour l'histoire.
Le doute légitime de sa femme sur sa fidélité est un faux prétexte dont il se sert pour la rupture.
Bien sûr, la société est hypocrite mais l'humain a un cerveau et a trouvé ce subterfuge pour ménager la société. Sans cela, on serait toujours à se "bouffer la gueule" !!
Pour les 2 chansons, c'est beau comme tout !!
Oui, on peut toujours se demander si on n'a pas loupé un peu sa vie. C'est un peu le St Graal pour l'être humain... mais il faut savoir se satisfaire de sa vie présente et éviter de courir après un bonheur hypothétique.
Le bonheur est justement d'être bien avec ce qu'on a.
Ecrit par : pingouin | 12.05.2008
Le thème m'intéresse.
Je vais lire le livre de D'Epenoux.
Ecrit par : Romain | 12.05.2008
Les médecins ont décidé d'arrêter la chimio pour mon père car c'est inutile.
Je ne vais pas aller voir ce film en tout cas pas tout de suite.
Ecrit par : Malena | 12.05.2008
pingouin : je ne pense pas que c'est de l'orgueil. Je pense que certaines personnes n'ont juste pas la force d'affronter des sentiments et des émotions trop fortes pour eux. Antoine a fui devant la détresse de ses proches comme son père a fui devant l'échec de son couple. C'est comme ça. Tout le monde n'a pas les épaules. Et quand on se retrouve face à sa propre mort, bien malin celui qui peut prédire comment il va réagir.
Tu sembles prendre parti pour ses proches. Moi, ce qu'il leur a mis dans la gueule m'a laissée de marbre. Tout était vrai. Je vibrais toute entière pour Antoine. Antoine seul. Seul face à sa mort et qui contemple une dernière fois sa vie.
Le bonheur n'est pas d'être bien avec ce qu'on a. C'est facile à dire lorsqu'on a un toit, un lit, une assiette remplie...Le bonheur c'est une quête qui ne doit pas s'arrêter, c'est la recherche d'un idéal qu'on n'atteindra jamais.
Donc le bonheur n'existe pas.
Souviens toi d'Antoine qui demande à sa femme médusée combien de temps elle a vraiment été heureuse, de vrais moments de bonheur, au cours de sa vie. C'est tellement vrai.
Romain : j'ai envie de lire le livre également.
Malena : évidemment il ne faut pas que tu ailles voir ce film...
Et désolée pour ton papa...Tu n'alimentes plus ton blog, tu poursuis toujours tes séances avec le psy?
Ecrit par : La Moule | 12.05.2008
Oui je vois toujours le psy, je le revois le 20 mai (j'aurais du le voir le 6 mais pour cause de concert Portishead, j'ai refusé et il pouvait pas avant le 20 mai ...)
Pour le blog, je ne suis pas motivée pour écrire en ce moment, en fait pas grand chose me motive ces jours ci, il faudrait que je me bouge !
Ecrit par : Malena | 12.05.2008
Malena : Portishead vaut bien une bonne séance de psy... ;-)
Pour le blog, ce n'était pas un reproche hein ! Juste un constat et puis forcément on se pose des questions sur l'état de santé de ton papa et puis du tien bien sûr. Faut pas de forcer à écrire si tu n'en as pas envie.
Ecrit par : La Moule | 12.05.2008
C'est très gentil de te soucier de moi en tout cas, j'apprécie :)
Ecrit par : Malena | 12.05.2008
Je reviens à l'instant du cinéma. J'avais une boule dans le ventre tout le long du film. Parce que je savais. Je savais pourquoi Antoine agissait comme ça.
Quand on sait qu'on va mourir prochainement, effectivement on a envie de remettre un peu les pieds sur terre aux personnes qui ne s'en rendent pas forcément compte…et on a envie de le faire violemment, on ne peut faire autrement, parce que la mort c'est violent.
C'est certes un peu caricatural mais il y a quand même une certaine vérité tout au long de ce film.
La personne condamnée sait qu'elle va faire énormément de peine à ceux qui vont rester en partant, alors se faire haîr peut être une solution de facilité certes, mais putain faut quand même du courage…elle a le choix de mourir avec ceux qu'elle aime ou mourir seule (là en l'occurrence avec son père)…mais mourir seul ça doit être encore plus dur…
Malena, je ne te connais pas, et ce blog n'est certainement pas l'endroit le plus approprié, mais je te souhaite beaucoup de courage en ce qui concerne ton papa…et si il n'y a plus rien à faire pour le soigner, c'est peut être mieux d'arrêter la chimio (les médecins savaient mon copain condamné, il se sont acharnés sur lui en matière de traitement…je pense qu'il aurait souhaité partir dignement…). Je t'envoie en tous cas, plein de pensées positives à toi ainsi qu'à tes proches afin de le soutenir dans ces moments qui ne sont pas faciles.
Je m'excuse si je ne suis pas très claire dans mes propos, il se fait tard et je suis encore un peu sous le choc du film qui m'a fortement interpellée (forcément).
La Moule si tu trouves que ce commentaire n'est pas approprié ici, surtout tu n'hésites pas à le supprimer.
Ecrit par : Cath | 12.05.2008
Cath : je ne vais certainement pas supprimer ton commentaire. Un film, des gens qui l'ont vu, des gens qui n'iront pas le voir, des gens qui liront le livre plutôt, et tous ces gens qui viennent donner leur avis ici...je suis plutôt flattée. Et c'est surtout pour ça que je continue ce blog, parce qu'il est vivant.
Ecrit par : La Moule | 13.05.2008
Je n'ai pas vu le film, je le verrais plus tard mais cependant je suis choqué. Les "ouvreuses" de cinéma ça existe encore ?
Ecrit par : Rhum's | 13.05.2008
J'ai pas vu ce film dont vous parlez mais j'ai vu "Ma vie sans moi" dans le genre derniers moments d'une vie. Je l'ai trouvé pas mal du tout.
Sinon, ton écriture est plus belle quand t'es heureuse la Moule ou c'est une impression?
Ecrit par : F. | 13.05.2008
Rhum's : ben c'est plus classe que de dire "la caissière du Pathé". Enfin je trouve...Tant pis pour l'anachronisme.
F. : Pas vu ce film.
Sinon, oui, ce doit être une illusion d'optique, pour l'écriture. Ou alors c'est le film, vu qu'il m'a vraiment bouleversée.
Ecrit par : La Moule | 13.05.2008
Non je crois pas que ça soit le film, c'est le mec plutôt... Bon assez palabré, on veut du sexe!!!
Ecrit par : F. | 13.05.2008
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