03.07.2009

Rouge de plaisir

 

Je suis défigurée. Mais enchantée. Mais défigurée.

J'ai passé une journée de ouf ! Ça m'a latté la gueule de me lever à 5h45 mais putain ça en valait le coup. J'étais à 8h tapantes au lieu de rendez-vous. Et je suis revenue sur le parking du boulot à 20h tapantes. J'avais pris la bagnole de Big Boss, vu qu'il est en vacances. T'en fais pas, les Big Boss chez moi ils roulent en Pigeot.

Malheureusement, je ne peux rien te dire de cette journée de ouf que j'ai passée. C'est con hein? Pourtant...

Tout ce que je peux dire, c'est que j'ai appris plein de trucs, que j'ai découvert deux univers inconnus de moi. J'ai papoté longuement avec des gens intelligents, intéressants, et qui ont spontanément parlé de Niponnie sans que j'aie eu besoin d'en faire mention. J'ai vu des choses qui te restent longtemps sur la rétine et qui te font du bien à l'intérieur du cerveau et du ventre.

Bon par contre, j'ai rapporté ceci :

 

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Un splendide coup de soleil type « agricole ». Je vais donc arborer un t-shirt virtuel pendant de nombreux et interminables jours. Je t'ai épargné le plan sur mon pif de la même couleur que mes bras et mon cou.

Là tout de suite, je lutte contre le sommeil. Je suis vidée. Donc au lit.

 

 

 

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Ceci est le paradis perdu...

À mes pieds, un immense parterre de menthe sauvage. Ça sentait bon !!!

02.07.2009

Tire-au-flanc

Bon, je vais pas traîner trop longtemps sur le canapé, demain je me lève à 5h45, finalement mon rendez-vous à Bab-el-Oued est à 8h et non 7h30.

Aujourd'hui mon ex-chef était hilare de voir ma « transformation » depuis mon changement de poste. Elle a été bluffée par mes mails « pleins d'humour ». Elle regrette que je n'aie pas montré cette facette de ma personnalité lorsque j'étais dans son service. Ben oui mais bon. On me demandait pas de faire des mails pleins d'humour. Et entre un poste où on est cloîtré dans un bureau à répondre au téléphone avec un micro-casque et un poste où on court partout et où il faut solliciter les collègues pour des trucs funky, y a tout un monde. Enfin elle était toute contente de voir que je m'épanouissais dans mes nouvelles missions. Ouais enfin faut le dire vite. J'ai tout de même précisé que j'étais stressée, que je trouvais qu'on me confiait des responsabilités un peu trop vite, et que je devais me faire violence pour accomplir certaines tâches. Elle s'en foutait gravement et n'était intéressée que par un truc que j'ai proposé par le biais de mon mail plein d'humour. Elle n'a fait aucun commentaire sur le fait que sur ma fiche d'évaluation j'aie réclamé une augmentation. En même temps c'est pas elle qui décide donc bon...Mais je pense qu'elle trouverait normal que je sois augmentée donc j'espère qu'elle va réussir à convaincre Big Boss quand il sera reviendu de vacances frais et dispos.

Et j'ai appris ce main que la collègue avec laquelle je devais aller à ma réunion extérieure cet après-midi ne serait pas au bureau pour cause de chiard malade. Ah c'est pratique les gosses ! La bonne excuse pour refiler les sales dossiers aux collègues ! Du coup, méga stress. Aucune idée de ce qu'il fallait que je dise à cette réunion. Re-méga stress parce qu'il fallait que j'apporte des trucs et je savais pas où étaient les trucs en question. Une fois les trucs localisés, il a fallu que j'aille les chercher en voiture. Et une fois les trucs en main, je me suis rendue compte que c'était trop lourd pour être trimballé sur une longue distance. Donc au lieu d'aller poser ma bagnole chez moi et d'aller à la réunion à pied, j'ai été obligée de me garer à proximité et de payer l'horodateur. Ma collègue m'avait dit que la réunion allait durer jusqu'à 17h donc je n'avais pas prévu de retourner au bureau après. Sauf que la réunion s'est terminée à 15h30 et que je suis intervenue pendant environ 47 secondes et 12 centièmes pour dire un truc totalement obvious. Je me suis retrouvée dans ma Paulette avec le diablotin sur l'épaule gauche et l'angelot sur l'épaule droite. Je retourne au bureau ou bien? J'ai décidé d'un commun accord avec moi-même de ne pas y retourner. Demain je vais nécessairement faire du rab vu la journée que je vais me payer, donc ça compensera. De toute façon personne n'ira vérifier combien de temps a duré cette réunion. Enfin j'espère. Donc je suis rentrée chez moi et j'ai pioncé sur le canapé. Enfin j'ai essayé. Un orage à tout casser à pété pile à ce moment là. Punition. La vengeance de l'angelot de l'épaule droite. Et rapport au truc que je vais faire demain, j'ai été obligée de laisser mon numéro de portable à une nana avec qui je bosse en externe et elle m'a appelée pour me dire un truc que je savais déjà. Je découvre les joies de la disparition de la vie privée dès lors que tu files ton numéro perso à des gens du taf.

Bon allez trêve de plaisanterie, au lit, et demain, début de la concrétisation de mes efforts de ces dernières semaines.

 

Note de dernière minute pour le pervers dont je vais de ce pas livrer l'IP au FBI : je suis plus ou moins épilée. Y a rien qui dépasse des dessous de bras rapport au fait que c'est l'été et que bon, les débardeurs sont de rigueur. Niveau mollets, c'est correct rapport au fait que hier j'étais en jupe (il paraît que j'étais « mimi » d'ailleurs, dixit ma super voisine de bureau que j'aime d'amour car totalement barrée et totalement bio attitioude) et qu'aujourd'hui j'étais en jean-corsaire. Pour le reste...ma foi...il n'y a pas grande utilité. Pourquoi cette question d'ailleurs? Des intentions particulières?

PS : moi aussi je peux jouer avec les stats si je veux...

 

01.07.2009

Vis ma vie d'adulte

 

Je suis une adulte responsable, je travaille, je paye mes impôts, je paye mes facture, je suis titulaire d'un crédit immobilier jusqu'en l'an 2354, et malgré tout...je n'arrive pas à anticiper ce putain de courrier de provisions pour charges qui tombe au 1er juillet (et au 1er janvier, histoire de fêter comme il se doit une nouvelle année de labeur (oui j'ai des charges semestrielles et non trimestrielles comme le commun des propriétaires de ce pays)). Donc je jette mon argent par les fenêtres depuis déjà quelques semaines et je me retrouve avec 370€ à sortir là tout de suite d'un coup d'un seul. Mais quelle gourdasse ! Je vais, à l'instar de notre glorieux président, lancer un grand emprunt de solidarité nationale, rémunéré au taux exceptionnel de 0% hors prélèvements obligatoires. J'attends vos souscriptions avec impatience.

Ceci étant dit. Cette fin de semaine va être riche en émotions. Demain matin c'est entretien individuel annuel et je vais tenter de négocier une augmentation de salaire. Demain après-midi c'est réunion hors du bureau avec des tas de gens que je ne connais pas, pour une nouvelle mission qui m'est confiée et dont la réalisation se fera en octobre (quand je te dis que je n'ai rien d'une « assistante » !). Et vendredi matin, j'ai un rendez-vous à Pétaouchnoque à...accroche-toi aux rideaux...à 7h30 du matin. Il faut donc que je décolle de chez moi à 6h30 car comble de la poisse il faut que je fasse le trajet avec un véhicule du boulot. Si je partais de chez moi direct je gagnerais du temps mais Chef-Adjoint a dit nan. La confiance règne ! J'ai plus de chances de me planter avec une bagnole que je connais pas qu'avec la mienne ! Donc total des courses il va falloir que je me lève à 5h30 dernier carat, voire avant. Ça va me rappeler le bon vieux temps de l'ex-taf. Je te dis pas ce que je vais trafiquer à Pétaouchnoque parce que t'hallucinerais. Mais ça risque d'être sympa et je vais apprendre plein de choses. Je rentrerai au bureau probablement en début d'après-midi et je compte bien me faire la malle dès que possible compte tenu du fait que j'aurai fait plus que mon quota d'heures. Le jour où j'aurai le salaire d'un cadre, je ferai du rab.

EDIT de 21h16 : je viens d'avoir mes parents au téléphone.

Ils veulent me payer un voyage en Niponnie, à 3000€ par tête de pipe. Voire 3500€ pour moi (vive les tarifs single, y a vraiment des jours où il vaut mieux être mal accompagnée que seule, je te le dis). Pour 10 nuits.

Les dates de départ tombent pile avant ma fameuse mission en octobre. Sauf la dernière, qui est après. Ca voudrait dire qu'il faudrait que je pose 10 jours de RTT d'un coup d'un seul. Mais 3 jours de Kyoto quand même. Et Hiroshima. Et une nuit dans un hôtel traditionnel. Et une valise vide à remplir avec des giga-tonnes de japoniaiseries.

- pff mais ça fait un sacré long voyage ! je veux pas tomber dans le Pacifique comme tout le monde ! (moi, parano)

- mais noooon !! Tu tomberas sur le pôle Nord ! (mon père, pragmatique)

- aaah !! j'aime mieux ça...(moi, consternée)

Et j'ai pas de passeport. Déjà que j'ai pas de carte d'identité. Et ma mère a peur du décalage horaire. Et ça me fait chier de voir mes parents craquer 3500€ pour moi. Et 6000€ pour eux alors que mon père ne kiffe pas plus que ça ce pays. En même temps...je me dis que je n'aurai peut-être pas plusieurs fois l'occasion de faire un si beau voyage avec mes parents. Life is so uncertain comme dit le grand philosophe Garfield.

Donc c'est pas fait, loin de là, l'idée est lancée, c'est tout.

30.06.2009

Vertiges de l'amour des responsabilités

J'ai passé une sale journée au boulot, avec des vertiges permanents et une légère envie de gerber sur la fin d'après-midi. Je sais pas d'où ça vient. Je pense pas avoir mangé un truc chelou. Peut-être le panini au saumon mangé hier, ou la tartelette amandine. Peut-être le stress d'hier, les pleurs, et une tension qui s'effondre. Peut-être la faim, car j'avais faim, mais ça ne me donne pas de vertiges habituellement. Là quand je lisais un mail, par exemple, j'avais l'impression qu'il bougeait verticalement. Peut-être la chaleur. Peut-être un savant mélange de tout cela. Bref, à 17h30 j'étais partie. Mais pas rentrée vu qu'il fallait que je fasse quelques courses.

Bon ce que je viens de dire, c'était tout à l'heure avant de manger. Là je viens de manger et je confirme que la faim doit être à l'origine de ces vertiges. En fait je garde la « barre » à l'estomac même maintenant qu'il est plein. Pourtant je n'ai pas moins mangé que d'habitude. Par contre hier je me suis forcée à bouffer mon panini en entier alors que ça devait facilement représenter trois fois le volume habituel ingurgité en un repas. Plus la moitié d'une tartelette amandine que j'ai terminée le soir parce que too much également. Du coup mon organisme doit réclamer une ration équivalente.

 

Bon sinon mon ex-chef de service réclame son entretien annuel. Donc jeudi matin on va s'y coller même si ça n'a pas franchement de sens vu que je viens de changer de service. Par contre je vais en profiter pour réclamer une augmentation (que je n'aurai pas, mais ça mange pas de pain, et si je réclame pas, j'aurai jamais de toute façon, donc autant demander, des fois que). Vu que j'ai perdu mes majorations de salaires des week-ends et jours fériés, ainsi que mes jours de récup, ça me paraît normal. Ensuite, je constate jour après jour que mon poste n'est pas celui d'une simple assistante qui file un coup de main ici ou là. Ma chef m'avait prévenue qu'elle voulait me filer des dossiers à suivre, ben c'est parti mon kiki avec le big dossier du summer '09. Donc j'ai quelques responsabilités et concrètement mon poste est un cran au-dessus de ce qu'il est sur le papier. Rien qu'aujourd'hui j'estime avoir fait un truc que je n'imaginais pas faire : envoyer de mon poste un mini-mailing signé de Grand-Chef (qu'est même pas là), et recevoir en retour des appels de gens importants avec qui je dois parlementer, que je dois convaincre de dépenser 5000€, et qui m'engueulent. Ça ma chef n'avait pas envie de le faire donc elle m'a refilé le truc en se disant que j'allais m'en débrouiller malgré tout. J'estime que ça mérite rémunération ! Enfin j'argumenterai et on verra bien.

 

Bon je te laisse, y a Frédéric Lopez à la télé et comme d'hab quand il part au bout du monde, ça vaut des points. Et ils ont encore choisi une musique dont je vais guetter le nom dans le générique de fin. Dommage que l'invitée soit Zazie, que j'aime pas trop. Par contre Fred Lopez...miam..Y a peu, j'ai serré la main à un type qui bosse avec lui et qui s'est présenté comme son « ami ». Je me suis pas lavée la main depuis.

29.06.2009

Et de deux

S'il y a une troisième fois, je crois que j'en mourrai. Je me suis encore ridiculisée en paniquant ostensiblement. J'ai l'impression que l'intervention a duré plus longtemps que l'autre fois. J'ai eu mal. La toubib m'a dit que ce n'était vraiment que du fignolage et qu'il n'y aurait pas de troisième session. J'y croirai dans quatre mois quand mon résultat de frottis reviendra nickel.

Vu qu'il n'y avait pas de dossier à créer, je n'avais pas besoin de me pointer en avance donc je suis arrivée avec tout de même un large quart d'heure de marge. Il y avait dix personnes devant moi au bureau des entrées. Et dans un centre anti-cancer, ce sont majoritairement des vieux qui se déplacent avec des cannes ou des ambulanciers. Autant dire que ça a pris du temps. La secrétaire a râlé sur le fait que ma mutuelle n'avait pas de convention chez eux. Je te le fais pas dire. Quand t'arrives dans un établissement comme celui-là, t'as moyennement envie de penser à la facture qui t'attend en plus de tes examens ou opérations. J'ai presque envie de me fendre d'un coup de fil ou d'un courrier à la dite mutuelle pour entendre quels sont leurs arguments pour ne pas avoir de convention, surtout à 90€ par mois (j'en paye que 10). Donc mon quart d'heure d'avance a été plus que bouffé par les dix personnes en attente. J'étais arrivée en avance et assez détendue, j'ai pris l'ascenseur en retard et flippée.

Dans le couloir, contrairement à la dernière fois, pas de myriade de gonzesses paniquées. Juste un mec. Venu accompagner sa copine qui est ressortie avec un large sourire. Moi j'étais seule, accompagnée de mes yeux bouffis et encore brûlants des mètres cubes de larmes versés hier pendant deux heures en position fœtale avant que le sommeil m'emporte. J'ai senti que ça montait à nouveau, avec ce type à côté de moi qui feuilletait nerveusement un prospectus. Cette fille sortie du bloc avec un sourire radieux, hier soir elle avait quelqu'un pour la tenir dans ses bras, quelqu'un pour la rassurer, quelqu'un pour lui dire que ça allait bien se passer, qu'il serait là. Moi j'ai juste flirté avec la rambarde de mon balcon, face à la nuit noire et froide, en hoquetant de pleurs.

Et je suis ressortie du bloc avec les larmes aux yeux, toujours aussi seule, avec cette putain d'ordonnance qui me donne envie de vomir. Je voulais tranquillement m'effondrer dans ma voiture mais je n'ai même pas pu. Un vieux con était assis sur un plot entre les bagnoles et me dévisageait avec insistance.

J'ai dévalisé la Fnac en représailles et ça m'a rappelé quand j'étais petite. J'allais sans arrêt chez le dentiste pour mes appareils à la con (rappelez-moi de faire un procès à cet incompétent, un jour), et souvent, quand la séance avait été rude, longue et douloureuse, mon père m'emmenait acheter un truc. En général c'était des trucs de Barbie. C'était mon père qui m'accompagnait car ma mère ne supporte pas les cabinets de dentistes. Une fois elle m'a accompagnée car je suppose que mon père n'était pas là ou avait autre chose à faire de capital. Pas de bol pour elle, je crois que c'est la fois où je suis restée le plus longtemps sur le fauteuil. J'y ai passé une bonne partie de mon après-midi pour la pose de mon appareil du bas et des bagues ravissantes qui allaient m'accompagner pendant deux ans. Ma mère était prostrée dans un fauteuil et contemplait avec horreur ma main crispée sur l'accoudoir et qui avait viré au bleu. Ça explique sûrement pourquoi je n'ai pas mis les pieds chez un dentiste depuis l'âge de 11 ans. J'estime avoir fait mon quota de visites ad vitam aeternam entre 9 et 11 ans. Avec toutes mes visites gynéco depuis moins d'un an, j'aimerais pouvoir me dire que j'ai fait mon quota pour les dix ans à venir mais c'est mal barré. Aunt Pétunia dans un mois, puis dans quatre, puis tous les six mois pendant deux ans. À défaut d'avoir une vie sexuelle, le matériel sera toujours régulièrement entretenu. Merci l'ironie du sort.

J'aimerais arrêter de pleurer mais j'y arrive pas. J'aurais dû faire comme la première fois et ne poser qu'un demi-congé. Au boulot j'aurais pensé à autre chose.

Et j'ai même pas pu dire à l'infirmière que j'avais suivi ses conseils de lecture. C'était pas la même infirmière.